Quand les conditions de travail rendent malade, que faire ?

Quand les conditions de travail rendent malade, que faire ?

Harcèlement, mise au placard, humiliations, dévalorisations sont autant de faits conduisant à un mal-être et une souffrance psychique tels que toute la vie de l’individu peut en être lourdement impactée.

Mais, au delà de ces situations extrêmes, certains agissements, qu’ils soient le fruit d’un supérieur hiérarchique, d’un collègue voire même d’un collaborateur, peuvent être sournois par leur apparente insignifiance mais, qui par leur répétition, entachent fortement la qualité de vie au travail.

Cela peut être du fait d’un supérieur hiérarchique « contrôlant », qui ne délègue pas ou défait pour refaire tout le travail de son collaborateur. Ce dernier pensera que son travail n’est pas reconnu, qu’il manque de compétences, qu’il n’est pas efficace et au fil des mois, il se mettra à douter jusqu’à perdre toute confiance en lui.

Ou encore, du fait d’un collègue dont la personnalité rend les relations au travail très toxiques : personnalité narcissique, menteuse, théâtrale, qui, s’il se sent menacé par un autre salarié plus compétent, plus efficace, plus « aimé » de la hiérarchie, fera tout pour l’écarter (pièges tendus, agressivité, diffamation… tout ce qui est en son pouvoir pour discréditer l’autre).

Je m’en arrête là sur la description des situations possibles, il est évident qu’il en existe de multiples variétés et de multiples déclinaisons…

Souffrance au travail, que dit la loi ?

La prévention des risques psycho-sociaux

L’article L-4121 du code du travail spécifie que l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique ou mentale des travailleurs.

Il s’agit donc d’une obligation pour les employeurs !

Et pour ce faire, tout employeur est tenu d’élaborer et de mettre à jour un Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUER ou DUERP) qui est un état des lieux de tous les risques auxquels peuvent être exposés les salariés d’une entreprise, adjoint d’un plan d’actions permettant de minimiser ses risques.

C’est dans le cadre de la mise à jour du Document Unique (une fois par an selon l’article R-4121-2 du code du travail) que la prévention des risques psycho-sociaux est réétudiée.

Le plan de prévention des Risques Psycho-Sociaux (RPS) est donc également obligatoire pour tout employeur.

Le harcèlement moral

Les faits de harcèlement moral, quant à eux, sont définis comme suit :

« Le harcèlement moral se manifeste par des agissements répétés susceptibles d’entraîner, pour la personne qui les subit, une dégradation de ses conditions de travail pouvant aboutir à :

  • une atteinte à ses droits et à sa dignité ;
  • une altération de sa santé physique ou mentale ;
  • ou une menace pour son évolution professionnelle »

A l’évidence, sur ce sujet, l’employeur a l’obligation de prendre toute les mesures nécessaires en vue de prévenir le harcèlement moral.

Les personnes qui dénoncent de tels agissements ne peuvent pas être sanctionnées pour ce motif.

« Alors OK, c’est bien beau mais, même si la loi me protège en cas de dénonciation, je ne peux pas en parler à n’importe qui ! A qui pourrais-je bien me confier en toute sécurité ? »

Souffrance au travail : à qui en parler

J’aurai tendance à vous conseiller d’en parler dans un premier temps au médecin du travail lequel pourra d’ailleurs vous orienter vers un psychologue du travail.

Ces deux professionnels sauront :

  • écouter votre souffrance
  • tenter de la soulager
  • vous guider dans vos démarches

La Direction des Ressources Humaines, si vous la jugez suffisamment impartiale et altruiste, peut être également un bon relais d’écoute.

Votre médecin traitant, votre psy si vous êtes suivis, sont à l’évidence des professionnels à même d’entendre votre souffrance, de reconnaître la situation de travail dysfonctionnelle ou pathologique (et même de la reconnaître officiellement puisqu’ils peuvent élaborer des attestations ou certificats médicaux attestant de votre état de santé en lien avec votre environnement professionnel afin de vous aider à faire reconnaître vos droits). Ils peuvent également vous écarter momentanément de la situation toxique par le biais, notamment, d’un arrêt de travail.

Comment en finir avec la toxicité au travail

Premièrement, pour sortir de la situation professionnelle toxique dans laquelle vous êtes aujourd’hui embourbé, il vous faudra prendre une décision :

  • soit quitter cet environnement (en changeant d’employeur ou de service par exemple)
  • soit contacter un avocat et mener une véritable action en justice pour faire valoir vos droits
  • soit les deux ! (ce que je vous conseille)

Mais qu’elle que soit votre décision, je pose deux alertes :

  • la première est que cette situation vous a fragilisé alors que vous allez avoir besoin de toute votre énergie que ce soit pour vendre vos compétences ailleurs ou pour mener une action contre votre employeur (ou la personne harceleuse). Il est donc nécessaire que vous soyez accompagné, guidé, rassuré, déculpabilisé par un psy.
  • La deuxième alerte porte sur votre faculté à vous prémunir de ce type de situation toxique à l’avenir. Puisque rien n’arrive par hasard, puisque « les névroses s’attirent et se complètent », puisque la tendance est à la répétition des traumatismes, il ne s’agirait pas de revivre une situation similaire sur votre prochain poste de travail. Là encore, un travail psychanalytique s’avère intéressant pour comprendre le sens de cette expérience difficile et pour vous en libérer.

« Vos expériences ont des choses à vous révéler, apprenez à les décrypter » 😉

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